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cocarde française

As 14 - 18

Les as français de la Grande Guerre

Décorations

Eugène Camplan

7 victoires sûres, 0 victoires probables
Palmarès détaillé »

Eugène, Jules, Emile Camplan naît à Nîmes le 10 octobre 1889 dans une famille plutôt fortunée dont le père exerce la profession de négociant, s’installant sur la commune de Montpellier. Le jeune garçon s’installe en Gironde à l’âge adulte et entame des études de médecine qui le conduisent à bénéficier d’un sursis d’incorporation pour son service national de 1910 à 1913.

Ce sursis est annulé quand éclate la guerre et il se retrouve mobilisé en tant que simple soldat à la 18e section d’infirmiers, avec laquelle il va servir en Lorraine, sur la Marne puis dans l’Aisne. Mais s’occuper des blessés ne semble pas être sa vocation, puisqu’il demande à passer dans une unité combattante, ce qui est effectif le 25 avril 1915 quand il devient fantassin au 59e régiment d’infanterie qui combat en Champagne.

Il n’y reste pas longtemps, car le 17 mai 1915 un obus explose près de sa tranchée, l’enterrant vivant et lui occasionnant diverses contusions. Evacué, il est reversé à une section d’infirmiers après sa guérison et va de nouveau servir dans ce rôle dans les Flandres avec le grade de médecin auxiliaire (l’équivalent d’adjudant dans le service médical), avant d’être de nouveau blessé le 24 août 1915. Déclaré inapte au service armé, il va servir dans un service médical à l’arrière pendant près de 11 mois, jusqu’au 2 août 1916 date à laquelle il est accepté à sa demande dans le service aéronautique.

Après son passage en école de pilotage, il est affecté à l’escadrille N 65 le 26 avril 1917 où il va vite se distinguer en remportant sa première victoire homologuée le 6 juin 1917, dans le secteur du Chemin des Dames, suivie d’une seconde onze jours plus tard. Remportant une troisième victoire dans les Flandres le 30 septembre 1917, il doit attendre les offensives allemandes du printemps 1918 pour étoffer son tableau de chasse de trois nouvelles pièces au mois de mai 1918. Promu au grade de sous-lieutenant et muté à l’escadrille SPA 84 (une autre escadrille du GC 13 dont la SPA 65 fait partie), il remporte sa 7e et dernière victoire le 1er août 1918 en descendant un chasseur qu’il attaque seul parmi un groupe de huit, et qui le tirent à leur tour. Grièvement blessé d’une balle dans la poitrine, il a la force de poser son SPAD dans les lignes françaises où il est évacué et soigné, terminant la guerre à l’hôpital.

Démobilisé au début de l’année 1919, Eugène Camplan est pris de passion pour l’aviation et souhaite y consacrer sa vie. Associé pendant une courte période avec son ancien compagnon d’escadrille Charles Nungesser dans l’école de pilotage fondée par ce dernier, il entre comme pilote à la compagnie Franco-Roumaine en 1920. Il quitte cette société en 1924 pour ouvrir à Bordeaux une école de pilotage avec des appareils issus des surplus de guerre. Revendant son école en 1926, il devient alors pilote d’essais à la société Bernard et va établir plusieurs records sur des appareils de la compagnie. En 1934 il devient administrateur de la société Schreck fabriquant des hydravions.

Quand survient la seconde guerre mondiale il est mobilisé avec son grade de capitaine de réserve et sert dans un poste administratif en tant qu’officier de renseignements au GC III/1 où il est promu au grade de commandant. Démobilisé après l’armistice, il refuse la défaite et va s’impliquer pleinement dans la résistance pour se retrouver en 1943 avec le grade de colonel FFI comme n°2 de l’importante Organisation Civile et Militaire (OCM) de la région Sud-Ouest, un des principaux réseaux de résistance représentés au Conseil National de la Résistance.

Son chef en titre en est André Grandclément, qui va être arrêté en juillet 1943 et livré par Vichy au chef de la Gestapo bordelaise, Friedrich Dohse. Ce dernier, par une magistrale opération de manipulation, va jouer sur les sentiments anticommunistes de son prisonnier qu’il libère mais en l’amenant à collaborer dans la lutte des maquis communistes. La discorde est lancée dans l’OCM locale dont Camplan a pris la tête en ayant connaissance de la trahison de son ancien chef, tout en étant soupçonné d’être toujours sous ses ordres par les autorités de Londres. Il sera assassiné lors d’un règlement de compte interne de la résistance le 18 janvier 1944.

Sources

- Dossier individuel SHD n°1P 26301/4

Palmarès de Eugène Camplan

DateHeureEscadrilleAvion pilotéRevendiquéLieuNotes
1 06-juin-17 11h00 SPA 65 Nieuport 17 n°1281 Avion Laffaux Avec Cprl Joseph Le Boucher – Jasta 1, Vfw Paul Bona (6 vict) tué près de Laffaux
2 17-juin-17 9h35 SPA 65 SPAD VII n°395 Biplace N. Bruyeres (02) Schsta 14, Uffz Hans Seidel et Uffz Kurt Knoll tués
P1 17-juin-17 SPA 65 SPAD VII n°395 Biplace Forêt de Pinon (02) Avec Lt Privat et Cprl Le Boucher
3 30-sept-17 SPA 65 Nieuport 17 n°4241 Biplace Aisne Avec Lt Séjourné et MdL Le Boucher
4 06-mai-18 SPA 65 Biplace Etelfay (Somme) Avec Lt Verdier-Fauvety et MdL Giovetti
5 15-mai-18 SPA 65 Biplace Erchau Avec Lt Nungesser- FA 15, Ltn Albrecht Speiss tué à Erchau
6 28-mai-18 8h30 SPA 65 Biplace O. Dampleux (02) Schsta 5, Flg Ackermann et Flg Jescke capturés
7 01-août-18 SPA 84 SPAD XIII Chasseur