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cocarde française

As 14 - 18

Les as français de la Grande Guerre

Décorations

Profils

Alexandre Buisson

5 victoires sûres, 0 victoires probables
Palmarès détaillé »

Alexandre Jean Marie Buisson nait à Asnières le 17 juin 1886, fils naturel de Jean Marie Buisson, journaliste, et d’une mère d’origine roumaine nommée Katitza Lupesco. On ne sait rien de son enfance si ce n’est qu’il s’engage volontairement le 31 mai 1905 au 5e régiment de chasseurs d’Afrique avec lequel il sert en Algérie. Devenu maréchal des logis le 6 février 1906, il sert vraisemblablement durant la première phase de la campagne du Maroc qui commence en 1908 avant de terminer son temps d’engagement.

Il est alors rendu à la vie civile et s’installe dans la région parisienne où il exerce la profession d’ingénieur agronome. La guerre qui éclate le 2 août 1914 le mobilise au 8e régiment de hussards avec lequel il sert jusqu’au 3 juin 1916. En effet, sans doute rebuté comme nombre de cavaliers par l’inutilité de son arme dans cette nouvelle guerre de tranchées, il obtient à cette date à passer dans l’aviation et se retrouve affecté au cours des mitrailleurs le 29 juin suivant.

Après un passage par les écoles de Cazaux, puis Pau, il est affecté à la Réserve Générale Aéronautique d’où il ne tarde pas à rejoindre sa première unité opérationnelle, l’escadrille F 29, une unité de bombardement servant en Lorraine et rendue célèbre par les raids effectués en 1915 sous les ordres du capitaine Happe, au prix de très lourdes pertes. A l’automne 1916, période à laquelle Alexandre Buisson rejoint l’unité, les pertes sont toujours aussi importantes lors des raids de bombardement menés en Alsace, interceptés par les Fokker Eindecker allemands contre lesquels les Farman français se défendent difficilement. C’est pourtant un de ces appareils que va descendre le mitrailleur Alexandre Buisson, le 12 octobre 1916, lors d’un raid de bombardement mené contre à la ville d’Oberndorf avec le Sgt Despert comme pilote. Cette victoire dûment homologuée lui vaut une citation à l’ordre de l’armée.

Il est ensuite affecté brièvement comme mitrailleur à l’escadrille Sop 123, équipée de Sopwith 1A2, puis le 9 janvier 1917 part à l’escadrille C 21 équipée de Caudron G 4 progressivement remplacés par des G 6. L’unité stationna alors à Arcy-Sainte-Restitue puis migre sur Villeneuve-lès-Vertus dès le 20 janvier. Elle est affectée le 30 mars 1917 au 17ème corps d’Armée dépendant de la 4ème Armée. Ses équipages sont engagés dans la bataille des Monts, qui fait rage dans la région d’Auberive-sur-Suippe, à partir du 17 avril 1917, gagnant pour l’occasion le terrain de Bouy (51). Le 25 juillet 1917, la C 21 est transférée sur Valdahon, près de Besançon et y restera jusqu’au 28 février 1918. Les Caudron sont alors remplacés par des Dorand AR 1 à partir du 7 mars 1918 et l’unité prend l’appellation d’AR 21. Peu d’informations filtrent sur les 18 mois de service effectuées par Alexandre Buisson à la C 21, si ce n’est les permissions notées dans le carnet de comptabilité de campagne de l’unité, montrant des permissions du 27 janvier 7 février 1917, du 5 au 17 avril 1917, du 7 au 17 août 1917, puis du 16 au 29 décembre 1917.

Parti à Cazaux pour un stage de tir du 1er au 22 janvier 1918, il est affecté au CIACB à Courcemain (unité d’entrainement opérationnel) qu’il quitte le 20 juillet 1918 pour être affecté à l’escadrille R 240. C’est une escadrille nouvellement créée équipés de triplaces Caudron R XI, de puissants avions de combat destinés à l’escorte des bombardiers Breguet 14 qui multiplient les raids sur les positions ennemies, à une époque où les armées alliés lancent une série de contre offensives qui conduiront à la capitulation allemande. Les appareils de la R 240 vont cependant connaître de rudes combats durant lesquels le maréchal des logis mitrailleur Alexandre Buisson va se distinguer. Le 29 août 1918, à bord d’un appareil piloté par le sergent Carteron et comportant le sergent Gagne comme mitrailleur avant, il remporte sa 2e victoire homologuée en descendant un chasseur allemand dans la région de Semide à 40 km au Nord-Est de Reims.

Promu au grade d’adjudant le 1er octobre 1918, il remporte au même endroit le lendemain sa 3e victoire dans un appareil avec aux commandes le même pilote mais à bord duquel il est mitrailleur avant, le poste arrière étant occupé par le soldat Raymond. Alors que les aviateurs allemands livrent leurs derniers combats, l’adjudant Alexandre Buisson va remporter un « doublé » le 3 novembre 1918 dans l’Aisne, en descendant deux chasseurs à bord d’un Caudron piloté par le Sgt Dufour et emmenant le soldat Raymond en mitrailleur arrière.

Il devient ainsi un as mais ne connaît aucune célébrité, le total requis pour voir son nom paraître au communiqué ayant été porté à 10 victoires à la fin de la guerre. Rapidement démobilisé durant les derniers jours de 1918, il retourne à la vie civile. Les services d’état civil de la ville de Paris signalent son décès durant l’année 1939.

Palmarès de Alexandre Buisson

DateHeureEscadrilleAvion pilotéRevendiquéLieuNotes
1 12-oct-16 F 29 Farman F 42 Fokker E Oderndorf Avec Sgt Marius Despert (pilote)
2 29-août-18 R 240 Caudron R XI Chasseur Semide Avec Sgt Carteron (pilote) et Sgt Gagne (mitrailleur avant)
3 02-oct-18 R 240 Caudron R XI Chasseur Semide Avec Sgt Carteron (pilote) et soldat Raymond (mitrailleur arrière)
4 03-nov-18 R 240 Caudron R XI Chasseur Aisne Avec Sgt Dufour (pilote) et soldat Raymond (mitrailleur arrière)
5 03-nov-18 R 240 Caudron R XI Chasseur Aisne Avec Sgt Dufour (pilote) et soldat Raymond (mitrailleur arrière)