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cocarde française

As 14 - 18

Les as français de la Grande Guerre

Décorations

Jean Dubois de Gennes

5 victoires sûres (dont 1 drachens), 0 victoires probables
Palmarès détaillé »

Jean Charles Auguste Dubois de Gennes est né le 16 février 1895 à Desvres dans le Pas-de-Calais dans une vieille famille de noblesse issue de la Bretagne, assez aisée puisque son père ; ingénieur civil des mines, y est le directeur d’une cimenterie. Obtenant son baccalauréat, il entame des études d’ingénieur agricole quand éclate la guerre.

Se trouvant à Nantes, il s’engage volontairement le 25 septembre 1914 dans le 42e régiment d’artillerie coloniale alors qu’il n’a pas effectué son service militaire. Il est dirigé vers l’école d’officiers de réserve de Vannes d’où il sort au mois de mars 1915 avec le grade d’aspirant. C’est à ce moment qu’il est envoyé au front, au sein du 12e régiment d’artillerie coloniale. De retour à l’arrière le 10 octobre 1915, il suit le cours d’application de l’artillerie à Fontainebleau dont il sort parmi les derniers du classement, ses instructeurs déplorant son « caractère indolent et fantaisiste » qui contraste avec l’excellente notation que lui ont donné -ses supérieurs au front. Il repart au combat le 17 février 1916, peu avant le début de la bataille de Verdun où son unité est appelée à servir et faire face au déluge d’artillerie déversé par l’armée allemande. Sa participation à la bataille sera assez courte : touché au bras droit par un éclat d’obus allemand, l’aspirant Dubois de Gennes est blessé et évacué à l’arrière le 8 mars 1916. Il retourne aux armées le 7 juin 1916 mais ne restera que peu de temps dans sa batterie : volontaire pour l’aviation, il intègre les écoles de pilotage de l’armée le 15 septembre 1916. Un évènement l’a en effet motivé pour servir dans cette arme : le 1er juillet 1916, son frère André de l’escadrille N 57 est capturé dans les lignes allemandes après avoir participé à une opération de ratissage des Drachen sur le front de Verdun.

Après avoir suivi le cursus des écoles de pilotage, il en ressort breveté et affecté à l’escadrille N 57 le 25 avril 1917 où il effectue ses premières missions opérationnelles. Ses débuts sont difficiles : il est blessé en combat aérien le 7 mai 1917 à bord de son SPAD VII dans la région de Pontavert, étant touché au bras, au visage et souffrant de contusions internes. Soigné, il ne revient que 20 jours plus tard à son unité. Bénéficiant d’une permission le 23 juin au 1er juillet puis du 19 au 28 septembre 1917, il fait alors la connaissance d’une infirmière américaine Miss Maud Robinson qui a survécu au naufrage du Lusitania le 7 mai 1915, y perdant son mari Elbridge Blish Thompson, et qui sert désormais sur le front en conduisant des ambulances.

Il remporte sa 1ere victoire homologuée le 23 octobre 1917 à Etouville. Il part en permission le 16 novembre 1917 pour se marier le lendemain... De retour au front le 21, il bénéficie de plusieurs permissions durant l’hiver 1917-1918 lui permettant de revoir son épouse et va augmenter son score d’une victoire en janvier, deux en avril et une dernière contre un Drachen le 30 mai 1918. Il est cependant blessé le lendemain par la DCA sur la commune de Varennes alors qu’il mitraillait des troupes au sol, son genou droit étant transpercé d’une balle. Il doit être évacué pour une longue convalescence qui se termine le 1er octobre 1918 et au cours de laquelle il est nommé au grade de sous-lieutenant.

Restant dans son escadrille après l’armistice, son épouse donne naissance à son fils prénommé Jean le 20 décembre 1919. Il va vite quitter l’armée mais rester dans l’aviation en étant engagé dans la société Latécoère puis Aéropostale, où il devient pilote de ligne sur des liaisons vers l’Amérique du Sud. En tant qu’officier de réserve, il va être promu au grade de lieutenant le 22 avril 1924.

Son épouse va rester infirmière militaire et servir au Maroc lors de la guerre du Rif, où elle sera décorée de la légion d’honneur – lui-même décoré de la légion d’honneur en 1925, il obtiendra une suspension de sa propre cérémonie de remise de médaille pour la recevoir en même temps que son épouse.

Jean Dubois de Gennes va disparaître au large du Maroc le 19 octobre 1929, dans un accident aérien à bord de son Latécoère 25-2R (n°712) tombé à Sidi Bouraba, au nord de Rabat près de la base aérienne de Port-Lyautey (Kenitra).

Sources

- Dossier individuel SHD n°1P 30 605/4
- CCC escadrille 57.
- Site Mémoire des hommes.

Palmarès de Jean Dubois de Gennes

DateHeureEscadrilleAvion pilotéRevendiquéLieuNotes
1 23-oct-17 SPA 57 Avion Etouvilles
2 19-janv-18 SPA 57 Avion Warmeriville
3 12-avr-18 SPA 57 Albatros D III
4 14-avr-18 SPA 57 Biplace Fontaine En collaboration avec Lt Chaput.
5 30-mai-18 SPA 57 Drachen En collaboration avec S/Lt Nuville.