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cocarde française

As 14 - 18

Les as français de la Grande Guerre

Décorations

Profils

Jean Arpheuil

5 victoires sûres, 1 victoires probables
Palmarès détaillé »

Jean Henri Maurice Arpheuil nait le 6 octobre 1892 à Montluçon, dans l’Allier, où son père est le maître d’hôtel de l’hôtel de la gare et passionné de sport car il devient président de L’Union Sportive Montluçonnaise. En grandissant, Jean devient un jeune homme d’1m78 plutôt grand pour l’époque à qui son père communique sa passion pour le sport puisqu’il participe avec son frère Maurice à plusieurs compétitions cyclistes locales. Les deux frères n’y font pas de la figuration, puisque Jean devient champion de l’Allier, et Maurice se classe deuxième aux championnats de France qui se tiennent à Nantes en 1910. Malheureusement, deux drames vont frapper Jean alors qu’il n’a pas encore 20 ans : son frère Maurice décède en octobre 1911, suivi de son père en juillet 1912. Il hérite alors de la petite affaire paternelle car il est déclaré exercer la profession de maître d’hôtel avant sa mobilisation sous les drapeaux qui survient le 8 octobre 1913.

Il est incorporé au 121e Régiment d’Infanterie en tant que simple soldat. Bien noté par ses supérieurs, il est promu au grade de caporal le 17 février 1914 et devient éclaireur cycliste, terminant deuxième à une compétition militaire (le concours Wolber) organisé au mois de juillet 1914. La guerre éclate le mois suivant et le caporal Arpheuil et prend immédiatement part aux premiers engagements. Ses qualités de meneur d’hommes se révèlent vite car il est rapidement promu au grade de sergent le 2 septembre 1914, un mois où son régiment est particulièrement éprouvé, puis est nommé sous-lieutenant à titre temporaire le 15 octobre suivant.

Il va dès lors passer plus deux années au front entrecoupées de blessures et séjour en hôpital. Le 5 janvier 1915, il subit une première blessure par balles, qui va l’immobiliser jusqu’au mois de juillet suivant. Revenu au front au mois d’août, il se bat à la tête d’une section de mitrailleuses jusqu’au 14 décembre 1915 où une nouvelle blessure par balles l’envoie de nouveau à l’arrière jusqu’au mois de février 1916. Il effectue à cette date une démarche pour intégrer l’armée d’active avec l’appui de son chef de corps. La réponse est positive et il est alors confirmé à titre définitif dans son grade de sous-lieutenant. De retour au front, il doit être hospitalisé du 23 avril au 1er juin 1916 pour être soigné de la fièvre typhoïde contractée dans les tranchées. 12 jours après son retour au front, un obus de mortier le réexpédie à l’hôpital… Il y reste jusqu’au 12 juillet pour bénéficier d’un congé de convalescence qu’il passe dans la capitale et en profite pour se marier le 10 août 1916 avec Mademoiselle Madeleine Horiot à la mairie du 11e arrondissement de Paris. Mais la lune de miel sera sans doute perturbée par l’état de santé de l’époux, qui doit être hospitalisé de nouveau à l’hôpital militaire n°53 de Vichy le 8 septembre 1916, dont il ne sort que plus de deux mois plus tard, le 20 novembre 1916, pour revenir au front avec le grade de lieutenant.

Il se porte alors volontaire pour intégrer l’aviation où il est accepté au mois de janvier 1917 et rejoint les écoles de pilotage, dont il sort breveté et affecté à l’escadrille N 151 au mois de juin 1917. C’est une unité de création récente volant sur Nieuport 24 et stationnant près de Belfort dans un secteur plutôt calme. L’escadrille se transforme sur SPAD au mois de janvier 1918 et se retrouve rattachée au Groupe de Combat 16, qui va être affecté dans l’Oise où vont venir les offensives allemandes de printemps. Les affrontements avec l’aviation allemande se font bien plus fréquents et les premières pertes au combat touchent l’escadrille. Pour Jean Arpheuil, c’est l’occasion d’inaugurer son palmarès le 28 mai 1918 par une première victoire homologuée, suivies de trois autres jusqu’au mois de juillet suivant.

En tête du palmarès de son escadrille, il est alors désigné le 13 septembre 1918 pour prendre le commandement d’une nouvelle unité, la SPA 170 stationnant dans les Flandres et dépendant du GC 23. Il gagne son unité le 28 septembre mais n’y restera pas longtemps, le temps de remporter une 5e victoire aérienne le 14 octobre 1918. Très peu de temps après, il est touché par ce qui est très vraisemblablement la grippe espagnole et doit être évacué à l’hôpital de Dunkerque le 27 octobre 1918.

Commence alors pour lui une longue descente aux enfers dans les hôpitaux militaires et sanatoriums, aggravée par le décès de sa mère. Placé en congé de convalescence, il fait une rechute en janvier 1919 et son hospitalisation est prolongée. Il est rayé des contrôles de son escadrille le 28 février 1919 et se retrouve en traitement à Nice, où un médecin militaire diagnostique une laryngite post-grippale chronique et une pleurésie contractée en service. Il est envoyé en convalescence pour 3 mois, et le 8 juin 1919 est envoyé à l’hôpital auxiliaire n°6 de Pau, puis l’hôpital n°34 le 1er juillet suivant. Une commission de trois médecins militaires se réunit le 4 décembre 1919 et conclut à sa radiation des cadres avec une invalidité à 100%. Très malade des poumons, la voix constamment voilée, il a maigri de 22 kg. Il est alors démobilisé et déclare se retirer à Pau. Il ne survivra que six mois, décédant le 26 juin 1920 à 22 heures au sanatorium de Cambo-les-Bains. Seul, si l’on en croit l’officier d’état-civil qui rédige l’acte de décès.

Sources

- Dossier individuel SHD n°5YE 149-340

Palmarès de Jean Arpheuil

DateHeureEscadrilleAvion pilotéRevendiquéLieuNotes
P1 27-mai-18 SPA 151 Monoplan
1 28-mai-18 SPA 151 Biplace Ressons-sur-Metz
2 31-mai-18 SPA 151 Biplace Lassigny En collaboration avec Sgt Thelot.
3 01-juin-18 SPA 151 Biplace St Léger au bois En collaboration avec Lt Letu.
4 20-juil-18 SPA 151 Biplace St Léger au bois
5 14-oct-18 SPA 170 Avion